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Définition du Bug Bounty : Le hacking légal qui rapporte

Temps de lecture estimé : 7 minutes
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Imaginez un instant que vous soyez le propriétaire d’une immense banque. Vous avez installé les coffres les plus solides, des caméras partout et des gardes à chaque porte. Pourtant, une question vous empêche de dormir : existe-t-il une petite faille, un conduit d’aération oublié ou une serrure mal ajustée que vous n’avez pas vue ? Pour en avoir le cœur net, vous décidez d’embaucher des experts, non pas pour voler votre argent, mais pour essayer d’entrer par effraction et vous dire exactement comment ils ont fait. Dans le monde de la cybersécurité, hacker légalement en gagnant de l’argent à un nom : Bug Bounty !

  • Apprenez à transformer votre curiosité technique en une activité légale et rémunératrice en adoptant la posture du hacker éthique.
  • Maîtrisez les codes et les usages indispensables pour collaborer efficacement avec les entreprises sans risquer d’ennuis juridiques.
  • Acquérez la méthodologie nécessaire pour identifier des failles invisibles aux yeux des outils automatiques et valoriser vos découvertes.

C’est précisément là que réside l’essence même du bug bounty. Dans un monde où nos vies entières sont stockées sur des serveurs, la sécurité informatique n’est plus une option, mais une nécessité absolue. Le bug bounty est cette approche moderne et collaborative qui permet aux entreprises de solliciter l’aide de la communauté mondiale pour protéger leurs données.

Si vous avez toujours été curieux de savoir comment des passionnés d’informatique parviennent à aider des géants comme Google ou Facebook tout en étant rémunérés, vous êtes au bon endroit. Ce guide va vous plonger dans les coulisses de la cybersécurité offensive, avec simplicité et pédagogie, pour vous faire découvrir un univers où la curiosité est la plus grande des vertus.

Les fondations : Qu’est-ce que le bug bounty exactement ?

Pour comprendre le concept de bug bounty, il faut d’abord traduire ce terme anglais. Un « bug » est une erreur informatique, un défaut dans le code d’un logiciel. Une « bounty » est une prime. Littéralement, nous parlons donc de chasses aux primes informatiques. Concrètement, une entreprise met en place un programme public ou privé et invite des chercheurs en sécurité, qu’on appelle aussi des hackers éthiques, à tester ses systèmes.

Contrairement aux idées reçues, le mot hacker n’est pas forcément synonyme de cybercriminalité. Dans le cadre du bug bounty, nous parlons de white hats ou « chapeaux blancs ». Ce sont des experts qui utilisent leurs compétences pour faire le bien. Leur mission est simple : trouver une vulnérabilité, c’est-à-dire une faiblesse, avant que des personnes malintentionnées ne l’exploitent.

L’intérêt pour l’entreprise est colossal. Plutôt que de compter uniquement sur une petite équipe interne de sécurité, elle bénéficie de l’œil de milliers de spécialistes à travers le monde, chacun ayant des méthodes et des outils différents. C’est la force du nombre appliquée à la cybersécurité. L’entreprise ne paie pas pour le temps passé par les chercheurs, mais uniquement pour le résultat. Si personne ne trouve de faille, elle ne paie rien, mais elle gagne en sérénité.

Pourquoi les entreprises ouvrent-elles leurs portes aux hackers ?

Vous pourriez vous demander s’il n’est pas dangereux pour une banque ou un site de commerce en ligne d’inviter des inconnus à attaquer leurs serveurs. La réponse est une question de contrôle. Les cybercriminels, eux, n’attendent pas d’invitation. Ils cherchent des failles 24 heures sur 24, sans jamais prévenir personne. En créant un programme de bug bounty, l’entreprise définit des règles du jeu très strictes.

Ces règles précisent ce que le chercheur a le droit de tester, comme le site web principal ou l’application mobile, et ce qui est strictement interdit, comme les données personnelles des employés. C’est ce qu’on appelle le « scope » ou le périmètre d’action. En échange de ce cadre légal et d’une récompense financière, le hacker s’engage à ne pas divulguer la faille publiquement et à aider l’entreprise à la corriger.

C’est une relation de confiance mutuelle. L’entreprise accepte d’être vulnérable le temps d’un test pour devenir plus forte demain. Pour le chercheur, c’est l’occasion de pratiquer sa passion légalement, de se faire un nom dans le milieu et de générer des revenus parfois très confortables. Certaines failles critiques sur des plateformes majeures peuvent être récompensées par des dizaines, voire des centaines de milliers d’euros.

Le déroulement d’une chasse : du premier clic à la prime

Le processus commence généralement sur une plateforme spécialisée, comme HackerOne, Bugcrowd ou la plateforme française YesWeHack. Ces sites servent d’intermédiaires entre les entreprises et les chasseurs. Une fois que vous avez choisi un programme qui vous intéresse, vous commencez par une phase de reconnaissance. C’est l’étape la plus longue et la plus importante. Vous observez le fonctionnement du site, vous listez toutes les pages, les formulaires de contact et les zones de connexion.

Une fois que vous avez une vision d’ensemble, vous commencez à chercher des comportements inhabituels. Par exemple, que se passe-t-il si vous modifiez un chiffre dans l’adresse URL de votre profil ? Est-ce que vous accédez au profil de quelqu’un d’autre ? Si c’est le cas, vous venez de trouver une faille de sécurité. Mais attention, le travail ne s’arrête pas là. Il ne suffit pas de dire que ça ne marche pas, il faut prouver l’impact de votre découverte.

Vous devez alors rédiger un rapport détaillé. Ce document est votre monnaie d’échange. Il doit expliquer étape par étape comment reproduire le problème. Un bon rapport est clair, professionnel et montre que vous avez compris le risque pour l’entreprise. Ce rapport est envoyé à une équipe de « tri » qui va vérifier si la faille est réelle, si elle n’a pas déjà été trouvée par quelqu’un d’autre, et évaluer sa gravité.

3 Plateformes pour débuter en confiance

Si vous voulez vous lancer, ne cherchez pas au hasard sur Google. Passez par ces intermédiaires qui sécurisent la relation et le paiement :

  • YesWeHack : C’est le leader européen et il est français. L’interface est claire, et vous y trouverez de nombreuses entreprises locales. C’est idéal pour commencer dans une langue familière.
  • HackerOne : Le géant américain. C’est ici que se trouvent les programmes de Google, Nintendo ou du Département de la Défense des États-Unis. La concurrence y est rude, mais les ressources d’apprentissage y sont excellentes.
  • Bugcrowd : Très similaire à HackerOne, cette plateforme propose souvent des programmes très variés, allant des applications mobiles aux objets connectés.

Structure type d’un rapport qui claque

Un bon rapport est la clé pour être payé rapidement. Il doit être structuré ainsi :

  1. Titre clair : Indiquez directement le type de faille et la cible (ex: « Injection SQL sur le formulaire de contact »).
  2. Description : Expliquez en deux phrases ce que la faille permet de faire et pourquoi c’est dangereux.
  3. Étapes de reproduction : C’est le « tutoriel ». Faites une liste numérotée (1, 2, 3…) de chaque clic nécessaire pour que le technicien puisse refaire la même chose que vous.
  4. Preuve de concept (PoC) : Ajoutez une capture d’écran ou une courte vidéo qui montre que vous avez réussi à déclencher le bug.
  5. Recommandation : Suggérez une piste pour corriger le problème. C’est le petit « plus » très apprécié.

Pour mieux comprendre l’esprit du chercheur

Il y a quelques années, un chercheur s’ennuyait en attendant son vol à l’aéroport. Pour passer le temps, il a commencé à regarder le fonctionnement du portail Wi-Fi payant de l’aéroport. Plutôt que de chercher une faille complexe dans le code, il a simplement essayé d’envoyer un formulaire de paiement vide. À sa grande surprise, le système l’a laissé passer sans demander de carte bancaire.

C’est là tout l’esprit du bug bounty : ce n’est pas toujours une question de génie mathématique ou de lignes de code indéchiffrables. C’est souvent une question de curiosité, de tester des choses que les développeurs n’ont pas imaginées parce qu’elles paraissent trop simples ou trop absurdes. Ce chercheur a signalé la faille, l’aéroport a pu la corriger en quelques heures, et il a reçu une prime qui a largement payé son billet d’avion. Cette histoire montre que la sécurité tient parfois à un simple bouton mal configuré.

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Les différents types de vulnérabilités rencontrées

Pour vous donner une idée plus concrète de ce que cherchent ces experts, abordons quelques exemples classiques. L’un des plus connus est l’injection SQL. Imaginez que le site possède une barre de recherche. Si vous tapez un code spécifique à la place d’un nom de produit et que le site vous affiche soudainement toute la liste de ses clients, c’est une injection. Vous avez réussi à parler directement à la base de données derrière le site.

SQLMap : Scan de failles SQL

On trouve aussi très souvent ce qu’on appelle les XSS, ou Cross-Site Scripting. Ici, le but est d’injecter un petit morceau de code malveillant sur une page pour qu’il s’exécute chez les autres visiteurs. Cela pourrait permettre de voler leurs cookies de connexion et de prendre le contrôle de leurs comptes. C’est un peu comme si vous arriviez à glisser un faux menu dans un restaurant pour forcer les clients à commander quelque chose qu’ils n’avaient pas prévu.

Enfin, il existe les failles de logique métier. C’est peut-être la catégorie la plus amusante. Imaginez un site de e-commerce où vous ajoutez un article à 100 euros dans votre panier. En modifiant simplement la quantité par un nombre négatif, vous parvenez à faire baisser le prix total du panier à 0 euro. Ce n’est pas une erreur technique pure, c’est une erreur de logique dans la manière dont le programme calcule le prix. Ces failles sont très prisées car elles demandent une vraie réflexion humaine et non l’utilisation d’outils automatiques.

Comment débuter sans être un génie de l’informatique ?

Si vous lisez ces lignes et que vous vous dites que c’est trop complexe pour vous, détrompez-vous. Personne n’est né en sachant pirater un serveur de la NASA. La plupart des grands chasseurs de primes ont commencé en autodidactes. La première étape est d’apprendre comment fonctionne le web. Vous n’avez pas besoin d’être un développeur expert, mais vous devez comprendre ce qu’est le protocole HTTP, comment fonctionne une requête entre votre navigateur et un serveur, et les bases du langage HTML et Javascript.

Nous vous proposons de nombreuses ressources gratuites et passionnantes. Il existe aussi des plateformes comme TryHackMe ou Root-Me qui proposent des exercices ludiques sous forme de jeux pour apprendre les bases du piratage éthique dans un environnement totalement sécurisé et légal. C’est comme un simulateur de vol avant de prendre les commandes d’un vrai avion. Vous y apprendrez à manipuler des outils, à comprendre les vulnérabilités courantes et à adopter la mentalité nécessaire.

La persévérance est votre meilleur atout. Au début, vous passerez des heures sans rien trouver. C’est tout à fait normal. Le bug bounty est une école de l’échec constructif. Chaque fois que vous ne trouvez rien, vous apprenez comment un système est bien protégé, ce qui affûte votre regard pour la prochaine fois. Le plus important est de rester curieux et de ne jamais cesser de se demander : « Et si je cliquais ici, que se passerait-il ? ».

L’éthique au cœur de la pratique

C’est un point sur lequel nous devons insister : le bug bounty n’est pas une zone de non-droit. C’est une activité encadrée par un contrat moral et juridique. Un bon chercheur respecte toujours la vie privée des utilisateurs. Si, au cours de vos recherches, vous tombez par accident sur des données personnelles, vous devez vous arrêter immédiatement et le signaler. Chercher à en voir plus vous ferait basculer du côté obscur de la force et pourrait vous causer de graves ennuis judiciaires.

La communication est également essentielle. Les entreprises apprécient les chercheurs qui sont polis, patients et pédagogues dans leurs rapports. Rappelez-vous que derrière l’écran, il y a des développeurs qui ont travaillé dur sur ce code. Pointer une faille doit être fait avec respect, comme un service que vous leur rendez, et non comme une critique de leur travail. C’est cette attitude professionnelle qui vous permettra de construire une carrière durable dans ce domaine.

L’avenir d’une discipline en pleine explosion

Le marché du bug bounty ne cesse de croître. Aujourd’hui, même les gouvernements et les institutions militaires ouvrent des programmes de recherche de vulnérabilités. Pourquoi ? Parce qu’ils ont compris que la sécurité absolue n’existe pas. Le seul moyen de s’en approcher est de confronter ses systèmes à la réalité du terrain et à l’intelligence collective.

Avec l’arrivée massive des objets connectés, des voitures intelligentes et de l’intelligence artificielle, les surfaces d’attaque se multiplient. Les besoins en chasseurs de primes vont devenir de plus en plus importants. Ce n’est plus seulement une activité de niche pour quelques passionnés dans leur garage, c’est devenu un pilier fondamental de la stratégie de défense numérique mondiale.


Se lancer dans le bug bounty, c’est accepter d’entrer dans un grand jeu de piste permanent où la récompense n’est pas seulement financière, mais surtout intellectuelle. Chaque vulnérabilité découverte est une énigme résolue et une brique supplémentaire ajoutée à la sécurité de tous les utilisateurs du web. C’est un domaine exigeant, parfois frustrant, mais incroyablement gratifiant pour qui possède la patience et la soif d’apprendre.

Ne voyez pas l’informatique comme une forteresse imprenable, mais comme un immense puzzle dont certaines pièces sont parfois mal emboîtées. Votre rôle, si vous l’acceptez, est de trouver ces pièces et de montrer au monde comment les remettre à leur place. Alors, êtes-vous prêt à enfiler votre chapeau blanc et à partir à la chasse ? Le prochain bug critique n’attend peut-être qu’un clic de votre part pour être découvert.