Mélangeons WebDesign et accessibilité avec les couleurs compatibles avec le daltonisme. Ainsi, vous vous assurer que votre message atteint 100 % de vos visiteurs sans créer de frustration inutile.
- Concevoir des interfaces intuitives qui retiennent l’ensemble de vos visiteurs, sans perdre ceux qui perçoivent les couleurs différemment.
- Maîtrisez l’art de combiner contrastes et symboles visuels pour garantir une lisibilité optimale et professionnelle, même en plein soleil.
- Valider vos choix graphiques avec des outils simples pour offrir une expérience utilisateur fluide, rassurante et exempte de toute frustration.
Imaginez passer des heures à peaufiner le design de votre site, pour finalement réaliser qu’une partie de votre audience ne voit absolument pas votre bouton d’action principal. Concevoir pour le daltonisme, ce n’est donc pas seulement une question d’éthique.
- Comprendre le daltonisme : bien plus qu'une simple confusion
- La règle d'or : ne jamais compter uniquement sur la couleur
- Le contraste : votre meilleur allié contre le daltonisme
- Créer une palette de couleurs inclusive
- Le pouvoir des noms de couleurs explicites
- Tester votre design comme un utilisateur daltonien
- L'impact psychologique d'un web inaccessible
- Vers un web plus humain
Comprendre le daltonisme : bien plus qu’une simple confusion
Avant de plonger dans le code et les palettes, prenons un instant pour comprendre ce qui se passe réellement dans l’œil de vos utilisateurs. Le daltonisme, ou dyschromatopsie, n’est pas une vision en noir et blanc, sauf dans des cas extrêmement rares. C’est plutôt une difficulté à distinguer certaines nuances de couleurs.
La forme la plus courante est la deutéranomalie (difficulté avec le vert), suivie de la protanopie (difficulté avec le rouge). Il existe aussi la tritanopie, qui concerne le bleu et le jaune. Pour un designer, cela signifie que le duo classique « Vert pour Valider / Rouge pour Erreur » est un véritable piège. Pour une personne atteinte de daltonisme, ces deux couleurs peuvent se ressembler comme deux gouttes d’eau.
La règle d’or : ne jamais compter uniquement sur la couleur
C’est le principe fondamental de l’accessibilité web. Si vous ne devez retenir qu’une seule chose, c’est celle-ci : l’information ne doit jamais être transmise par la couleur seule.

Supposons que vous créiez un formulaire d’inscription. Si un champ est mal rempli et que vous le soulignez simplement en rouge, un utilisateur avec un daltonisme sévère pourrait ne pas remarquer le changement. Pour corriger cela, vous devez doubler l’information visuelle. Ajoutez une icône d’avertissement, changez l’épaisseur de la bordure ou, mieux encore, ajoutez un message textuel explicite comme « Ce champ est obligatoire ».
Exemple concret en HTML/CSS
Voici comment structurer un message d’erreur qui parle à tout le monde, que l’on distingue les couleurs ou non :
La structure en HTML :
<input type="text" class="error">
<div class="form-group error-container">
<input type="text" id="email" aria-invalid="true">
<span class="error-message">
<img src="icon-error.svg" alt=""> L'adresse email est invalide.
</span>
</div>
En utilisant l’attribut aria-invalid, vous aidez aussi les personnes utilisant des lecteurs d’écran. C’est un combo gagnant pour l’accessibilité globale.
👉 Aller plus loin avec les Attributs Aria pour l’accessibilité
Le contraste : votre meilleur allié contre le daltonisme
Le contraste est le héros méconnu du webdesign. Même si une personne ne perçoit pas la teinte exacte d’une couleur, elle percevra sa luminosité. C’est là que le rapport de contraste entre en jeu.
Pour qu’un texte soit lisible par la majorité des personnes atteintes de daltonisme, le standard WCAG (Web Content Accessibility Guidelines) recommande un rapport de contraste de 4.5:1 pour le texte normal et 3:1 pour le texte large.
Quand on parle de contraste, on parle de la différence de luminosité entre le texte et son arrière-plan.
Par exemple :
- Texte noir sur fond blanc → contraste très fort → facile à lire.
- Texte gris clair sur fond blanc → contraste faible → fatigant à lire.
Le WCAG (Web Content Accessibility Guidelines), c’est un ensemble de règles internationales pour rendre les sites web accessibles à tout le monde, y compris les personnes atteintes de daltonisme ou ayant une vision réduite.
Le fameux “4.5:1” et “3:1”, ça veut dire quoi ?
Le chiffre représente le niveau minimum de contraste entre le texte et le fond. Plus le chiffre est élevé, plus le texte se détache du fond.
4.5:1 pour le texte normal : Ça concerne la majorité du texte : paragraphes, descriptions, articles, formulaires, etc.
Ce niveau de contraste permet à la grande majorité des personnes (y compris daltoniennes ou avec une vision un peu faible) de lire confortablement sans forcer.
Si vous mettez un gris trop clair sur fond blanc, vous êtes souvent en dessous de 4.5:1
- Ce n’est pas conforme et c’est difficile à lire.
3:1 pour le texte large : Le texte large (gros titres par exemple) peut se permettre un contraste un peu plus faible. Un texte est grand, plus il est lisible naturellement.
Donc le WCAG autorise un contraste minimum de 3:1 pour :
- Les gros titres
- Le texte en gras de grande taille
Mais attention : 3:1 reste un minimum, pas un objectif idéal.
Donc :
- Petit texte = contraste minimum 4.5:1
- Gros texte = contraste minimum 3:1
- Plus le contraste est élevé, plus c’est confortable
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- Le vrai problème, c’est quand le texte ne se détache pas assez du fond.
Si votre texte paraît “un peu fade” ou “pas assez marqué”, il y a de grandes chances que le contraste soit trop faible. Un bon design accessible n’est pas seulement joli. Il est lisible sans effort.
Et en réalité, améliorer le contraste, ce n’est pas seulement pour les personnes daltoniennes… C’est pour tout le monde !
👉 Pour en savoir plus sur la Typographie et le confort de lecture
Comment vérifier vos contrastes ?
Vous n’avez pas besoin de deviner ou de plisser les yeux devant votre écran. Des outils gratuits comme Adobe Color, Contrast Checker ou même les outils de développement de votre navigateur (F12) vous permettent de tester vos couleurs en temps réel.
Si votre texte gris clair sur fond blanc ne passe pas le test, foncez-le jusqu’à ce que l’outil vous donne le feu vert.

Créer une palette de couleurs inclusive
Vous vous demandez sûrement si vous allez devoir concevoir des sites tout gris et tristes. Absolument pas. Vous pouvez utiliser toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, à condition de bien les associer.
L’astuce consiste à varier non seulement la teinte (le nom de la couleur), mais aussi la saturation (l’intensité) et la valeur (la luminosité). Si vous utilisez un bleu foncé et un jaune clair, même une personne avec un daltonisme total verra une distinction nette car l’un est sombre et l’autre est lumineux.
👉 Bien Choisir sa palette de couleurs
Les combinaisons à éviter absolument
- Rouge et Vert : C’est le cauchemar numéro un. Évitez-les côte à côte pour des éléments interactifs.
- Vert et Marron : Souvent confondus dans les graphiques ou les cartes.
- Bleu et Violet : Le violet est souvent perçu comme du bleu pour certains types de daltonisme.
- Vert et Gris : Un bouton vert sur fond gris peut devenir invisible.
Utiliser des textures et des motifs
Dans le cas de graphiques ou de tableaux de données, la couleur est souvent le seul indicateur. Pour rendre vos données accessibles au daltonisme, remplacez les aplats de couleurs par des motifs.
Un secteur d’un diagramme circulaire peut avoir des rayures, un autre des points, et un troisième peut être uni. Ainsi, la légende devient compréhensible par la forme et non plus par la nuance.
Le pouvoir des noms de couleurs explicites
Parfois, la solution la plus simple est la plus efficace. Si vous gérez un site e-commerce de vêtements, ne vous contentez pas d’afficher une petite pastille colorée pour choisir la couleur d’un t-shirt. Pour un client avec un daltonisme, choisir entre « Vert Forêt » et « Brun Terre » via deux cercles sombres est un pari risqué.
Ajoutez toujours une étiquette textuelle au survol ou à côté de la pastille. Écrire simplement « Couleur : Bleu Marine » lève toute ambiguïté et améliore l’expérience utilisateur de façon spectaculaire.
Tester votre design comme un utilisateur daltonien
Vous avez terminé votre maquette et vous en êtes fier. Maintenant, vient l’heure de vérité. Il existe des simulateurs de daltonisme sous forme d’extensions de navigateur (comme Colorblinding) ou intégrés directement dans des logiciels comme Figma ou Adobe XD.
Prenez l’habitude d’activer ces filtres de simulation. Si vous naviguez sur votre site et que vous vous sentez soudainement perdu, que les boutons semblent s’effacer dans le décor ou que les liens ne sont plus distinguables du texte, c’est que votre design doit être revu. C’est un exercice d’empathie numérique indispensable.
Exemple de CSS pour l’accessibilité
Utiliser des soulignements pour les liens dans le corps du texte est une pratique que beaucoup de designers boudent pour des raisons esthétiques.
Pourtant, c’est l’un des moyens les plus sûrs pour aider les personnes avec un daltonisme. Si vous ne voulez pas de soulignement permanent, vous pouvez jouer sur la bordure inférieure pour plus de style :
/* Style de lien accessible */
a {
color: #0056b3;
text-decoration: none;
border-bottom: 2px solid #0056b3; /* Distinction visuelle par la forme */
transition: all 0.2s;
}
a:hover {
background-color: #f0f0f0;
border-bottom-color: #003d7a;
}
L’impact psychologique d’un web inaccessible
Au-delà de l’aspect technique, n’oublions pas l’humain.
Se retrouver face à une interface web que l’on ne peut pas utiliser à cause d’un daltonisme mal anticipé est une expérience frustrante, voire excluante. C’est envoyer le message silencieux que l’utilisateur n’a pas été invité à la fête.
En revanche, un site qui prend soin de ces détails inspire immédiatement confiance et professionnalisme. Vos utilisateurs se sentent respectés, compris, et ils reviendront vers vous car votre interface est reposante et claire.
Vers un web plus humain
Le webdesign ne devrait jamais être une barrière, mais un pont. En intégrant la problématique du daltonisme dès la genèse de vos projets, vous ne faites pas que respecter des normes techniques ; vous participez à la création d’un internet plus égalitaire. Il ne s’agit pas de brider votre créativité, mais de l’utiliser intelligemment pour que la beauté de vos interfaces soit visible par tous les yeux, sans exception.
Souvenez-vous qu’un design accessible est souvent, par extension, un meilleur design pour tout le monde. Une interface plus contrastée est plus lisible en plein soleil, et des indications textuelles claires aident aussi les personnes fatiguées ou distraites. L’accessibilité est l’ultime preuve de qualité d’un travail de design bien fait.

Fondateur de l’agence Créa-troyes, affiliée France Num
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