Il y a un moment, quand on commence à utiliser le terminal, où l’on se sent puissant… et un peu perdu. On tape une commande, ça affiche quelque chose, puis on se demande comment trier, filtrer, compter, ou récupérer uniquement une partie qui nous intéresse. C’est là qu’un petit symbole change complètement la façon de travailler : le fameux |(pipe) pour effectuer des commandes en pipeline.
- Comprendre comment enchaîner des commandes pipeline avec le symbole pipe, pour obtenir exactement une information précise.
- Gagner du temps en filtrant, triant et comptant proprement depuis le terminal, même quand il y a beaucoup de résultats ou de fichiers.
- Prendre de bonnes habitudes dès le début avec une méthode simple et réutilisable, pour travailler plus vite, plus proprement et avec moins d’erreurs.
On appelle ce symbole pipe, et avec lui vous allez découvrir un concept qui donne au terminal un côté magique : la pipeline, autrement dit l’art d’enchaîner des commandes comme des briques Lego. Pas besoin d’être un expert. Au contraire : si vous débutez, c’est le meilleur moment pour apprendre, parce que ça va vous faire gagner un temps énorme… et vous éviter des erreurs.
- Le symbole pipe | : c’est quoi exactement ?
- Pourquoi le pipe est si puissant dans le terminal ?
- Comprendre le principe technique (sans jargon inutile)
- Vos premières commandes avec pipe : Exemples simples et utiles
- Enchaîner filtrage, tri et détection
- Les pipelines très pratiques pour les développeurs web
- Comprendre le rythme : une pipeline se lit comme une phrase
- Pipeline et terminal : une façon plus intelligente de travailler
Le symbole pipe | : c’est quoi exactement ?
Dans un terminal, le symbole pipe s’écrit comme une barre verticale : |.
Ce caractère a un rôle très précis : il sert à relier deux commandes entre elles.
La première commande produit un résultat, généralement affiché à l’écran. Le pipe, lui, va dire au terminal : “Stop, n’affiche pas ça maintenant… envoie-le plutôt dans la commande suivante”.
C’est un peu comme si vous preniez la sortie d’une commande et que vous la branchiez en entrée d’une autre, comme un tuyau (et ça tombe bien : “pipe” en anglais, c’est littéralement un tuyau).
Imaginez que vous avez une machine qui fabrique des feuilles avec du texte, puis une seconde machine qui sait surligner certaines lignes, puis une troisième qui compte. Le pipe, c’est le tapis roulant entre les machines.
Pipe et pipeline : quelle différence ?
C’est une confusion super courante, et vous avez raison de poser la question.
- Le pipe désigne le caractère
|. - La pipeline, elle, désigne une commande complète dans laquelle vous enchaînez plusieurs outils grâce à un ou plusieurs pipes.
Si vous écrivez :
ls | grep ".php"Vous utilisez :
- un pipe (le symbole
|) - et vous construisez une pipeline (l’enchaînement des commandes)
Et si vous enchaînez trois commandes ou plus, vous êtes encore plus clairement dans une pipeline :
ls | grep ".php" | wc -lLe pipe est le connecteur. La pipeline est la chaîne complète.
Pour ceux qui débutent avec le terminal : La liste des commandes principales du terminal
Pourquoi le pipe est si puissant dans le terminal ?
Quand on débute, on utilise souvent le terminal comme une “console d’affichage”. On lance une commande, on lit ce qu’elle affiche, et c’est tout.
Mais le terminal peut faire beaucoup plus, parce que dans le monde Unix/Linux (et donc macOS, et même Git Bash sous Windows), les commandes sont pensées pour être combinées entre elles. Chaque commande fait souvent une seule chose… mais elle le fait bien.
Le pipe permet exactement ça : créer une chaîne de traitement claire, rapide, et réutilisable. Au lieu d’avoir une commande “géante” qui fait tout, vous avez une succession de petites commandes faciles à comprendre.
En plus, une pipeline a un avantage énorme : vous pouvez la tester étape par étape. Si ça ne marche pas, vous regardez où ça bloque, et vous corrigez.
À quoi ça sert concrètement ? Les usages les plus fréquents
Très souvent, vous allez utiliser le pipe dans trois objectifs :
- Premièrement, filtrer : garder seulement ce qui vous intéresse.
- Deuxièmement, transformer : modifier le texte, extraire une partie, réorganiser.
- Troisièmement, analyser : compter, trier, résumer.
Le tout, sans toucher à un éditeur graphique, sans copier-coller, et en restant dans le terminal. Et franchement, c’est là que le terminal devient agréable. Il ne sert plus seulement à “lancer un truc”, il devient un outil de travail.
Quand utiliser le pipe (et pourquoi c’est souvent une bonne idée)
Vous devriez penser au pipe dès que vous vous dites :
“J’ai trop d’informations, je veux juste une partie.”
Ou encore :
“Je veux compter combien il y en a.”
Ou alors :
“Je veux trier cette liste.”
Le pipe est utile quand vous avez une commande qui renvoie énormément de lignes, et que vous ne voulez pas scroller pendant trois minutes.
Il est aussi très utile quand vous travaillez sur un serveur, où vous n’avez pas d’interface graphique, ou quand vous manipulez des logs, des fichiers, des dossiers, des processus, des recherches dans du code.
Et pour être honnête : une fois que vous prenez l’habitude de faire des pipelines, vous commencez à les utiliser partout. C’est un peu comme découvrir le copier-coller la première fois : après, vous ne faites plus marche arrière.
Les avantages des pipelines : rapides, propres, efficaces
Le premier avantage, c’est la vitesse. Vous tapez une seule ligne et vous avez directement le résultat final. Pas besoin d’exporter dans un fichier, pas besoin de manipuler dans Excel, pas besoin d’ouvrir un éditeur.
Le deuxième avantage, c’est la clarté. Une pipeline bien écrite se lit de gauche à droite : “je liste, je filtre, je compte”. C’est logique.
Le troisième avantage, c’est la précision. Vous obtenez exactement l’information que vous voulez, sans bruit.
Et le dernier avantage, celui qu’on sous-estime au début, c’est que c’est réutilisable. Vous pouvez garder vos pipelines dans un fichier, dans vos notes, dans un script, et les relancer quand vous en avez besoin.
Comprendre le principe technique (sans jargon inutile)
Dans le terminal, une commande peut recevoir du texte en entrée. On appelle ça l’entrée standard. Et elle peut produire du texte en sortie. On appelle ça la sortie standard.
Le pipe fait quelque chose de très simple : il prend la sortie standard de la première commande et la donne comme entrée standard à la deuxième.
Vous n’avez pas besoin de connaître ces termes pour l’utiliser. Le plus important à retenir, c’est l’idée : vous passez le résultat d’une commande à une autre.
Vos premières commandes avec pipe : Exemples simples et utiles
Lister des fichiers et filtrer un type précis
Vous avez un dossier avec plein de fichiers, mais vous voulez seulement ceux qui finissent par .php. Vous pouvez faire :
ls | grep ".php"lsaffiche la liste.grepgarde seulement les lignes qui contiennent.php.
Et si vous voulez savoir combien il y en a, vous ajoutez un outil de comptage.
Pour aller plus loin : La commande GREP

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ls | grep ".php" | wc -lIci, wc -l compte le nombre de lignes. Donc la logique est :
je liste → je filtre → je compte.
On est exactement dans une pipeline.
Voir les processus en cours et en chercher un en particulier
Si vous voulez voir les processus qui tournent, vous pouvez faire :
ps aux | grep "php"ps auxaffiche tous les processus.grep "php"filtre ceux qui contiennent “php”.
C’est un classique. Et c’est souvent le genre de commande qu’on lance quand “quelque chose rame”, ou qu’on soupçonne un script de tourner sans fin.
Petite précision importante : vous verrez parfois la ligne du grep lui-même dans le résultat, parce que “grep php” contient… php. C’est normal et ça arrive très souvent.
Chercher dans un fichier sans l’ouvrir
Supposons que vous avez un fichier error.log ou access.log et vous voulez trouver toutes les lignes où il y a “fatal”.
cat error.log | grep "fatal"- Ici,
cataffiche le fichier. grepfiltre seulement les lignes intéressantes.
C’est simple, direct, efficace.
Imaginez-vous devoir comprendre pourquoi un site fait des erreurs aléatoires sur un serveur. Rien de très spectaculaire… sauf que si le fichier de logs fait des kilomètres. Impossible de lire ça tranquillement. Vous scrollez, vous scrollez, vous vous énervez, vous revenez en arrière, vous perdez la ligne que vous cherchiez… Une galère.
Et si quelqu’un vous dit une phrase toute simple : “arrête de lire le log, filtre-le.” :
cat error.log | grep "PHP Fatal error"Et là, d’un coup, les vraies erreurs apparaissent, sans le bruit autour. voila ce que fait vraiment un pipe | : il ne rajoute pas de magie, il enlève ce qui vous empêche de voir clair.
Enchaîner filtrage, tri et détection
Trier des résultats
Vous voulez lister des fichiers, en filtrer certains, puis trier le tout :
ls | grep ".js" | sortsorttrie les lignes par ordre alphabétique.
Simple, mais très utile quand vous avez plein de fichiers.
Retirer les doublons
Si vous avez des résultats avec des répétitions, vous pouvez utiliser uniq. Attention : uniq fonctionne correctement quand la liste est déjà triée, donc on combine souvent sort + uniq.
cat fichier.txt | sort | uniqVous obtenez une liste nettoyée, sans doublons. Et vous pouvez même compter combien de fois chaque ligne apparaît :
cat fichier.txt | sort | uniq -cC’est typiquement le genre de pipeline qui sert à analyser des logs ou des listes.
Les pipelines très pratiques pour les développeurs web
Trouver les occurrences d’un mot dans un projet
Si vous êtes dans un projet et que vous voulez trouver où apparaît “password”, vous pouvez chercher dans les fichiers. Avec grep, ça donne souvent :
grep -R "password" .Mais vous pouvez ensuite filtrer ou compter.
Par exemple, compter le nombre de fichiers contenant ce mot :
grep -R "password" . | wc -lVous n’êtes plus en train de “chercher à l’œil”. Vous mesurez.
Trouver les 10 fichiers les plus lourds d’un dossier
Celui-là est très utile quand votre projet devient énorme et que vous voulez comprendre ce qui prend de la place.
du -ah . | sort -hr | head -n 10Ici vous avez une vraie pipeline bien musclée, mais lisible :
du -ah .liste la taille de tout (fichiers et dossiers).sort -hrtrie par taille, du plus grand au plus petit.head -n 10garde seulement les 10 premiers.
Et là, vous avez un diagnostic express.
Comprendre le rythme : une pipeline se lit comme une phrase
C’est une astuce mentale très simple : lisez vos pipelines comme une phrase. Prenons cet exemple :
ls | grep ".css" | wc -lVous pouvez lire ce pipeline comme ça :
“Je liste les fichiers, je garde ceux qui sont en CSS, puis je compte combien il y en a.”
Quand vous commencez à faire ça, les pipelines deviennent naturelles. Et surtout, vous arrêtez de les voir comme des trucs “de hacker”, mais comme de simples phrases.
Les erreurs classiques quand on débute (et comment éviter la frustration)
La première erreur, c’est de croire que le pipe sert à “ajouter un paramètre”. Non. Le pipe ne passe pas des options, il passe du texte.
La deuxième erreur, c’est de vouloir tout faire en une fois sans tester. Une pipeline, ça se construit progressivement. Vous tapez la première commande. Ensuite vous ajoutez un pipe. Puis vous ajoutez une commande. Et ainsi de suite.
La troisième erreur, c’est de tomber sur une commande qui n’accepte pas l’entrée du pipe. Certaines commandes ne lisent pas sur l’entrée standard. Dans ce cas, ce n’est pas vous le problème, c’est juste que la commande fonctionne différemment.
Et la quatrième erreur, c’est d’avoir des pipelines trop compliquées, sans espaces, sans logique, et qu’on ne comprend plus. Un bon réflexe : laissez toujours un espace autour du pipe, comme ceci :
commande1 | commande2 | commande3C’est plus lisible, et ça évite les erreurs.
Pipeline et terminal : une façon plus intelligente de travailler
Ce que vous êtes en train d’apprendre ici, ce n’est pas juste un symbole. C’est une manière de penser.
Le terminal n’est pas une “boîte noire” où l’on tape des commandes au hasard. C’est un atelier. Vous prenez des outils simples, vous les combinez, et vous construisez exactement ce dont vous avez besoin. Et le pipe est le moyen le plus naturel de faire ça.
Apprendre à utiliser le pipe et construire une pipeline dans le terminal, c’est un vrai cap. Vous n’avez pas besoin de connaître cent commandes par cœur. Vous avez simplement besoin de comprendre que chaque commande peut faire une petite tâche, et que le pipe vous permet de les enchaîner pour obtenir quelque chose de propre, rapide et précis.
Ce qui est agréable, c’est que ce n’est pas une compétence “théorique”. Vous pouvez l’utiliser immédiatement, même dans un petit projet perso, même juste pour mieux naviguer dans vos fichiers. Chaque fois que vous gagnez dix secondes, vous prenez confiance. Et à la fin de la semaine, vous gagnez des minutes, puis des heures.
Alors si vous ne devez retenir qu’une seule chose, retenez ceci : le pipe n’est pas un gadget. C’est une habitude. Et plus vous l’adoptez tôt, plus votre terminal devient un allié au lieu d’être un truc intimidant.

Fondateur de l’agence Créa-troyes, affiliée France Num
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